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#27Chiffre de la semaine·2026-10-11·6 min de lecture

Taux d'emprunt d'État : l'OAT 10 ans prend 1,13 point en trois mois, un record depuis 1987

Le taux à 10 ans de l'État français a touché 4,96 % le 1er octobre 2026, son plus haut niveau depuis 2002. Les banques commencent à répercuter cette hausse sur les crédits immobiliers : +0,15 point sur 25 ans en un mois.

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Une hausse jamais vue depuis près de quarante ans

Le 1er octobre 2026, le taux de l'obligation assimilable du Trésor (OAT) à 10 ans a atteint 4,96 % en séance, avant de clôturer à 4,942 %. Ce taux est celui auquel l'État français emprunte sur les marchés. Il n'avait pas atteint ce niveau depuis juillet 2002. Sur trois mois, il a pris 1,13 point : c'est sa plus forte hausse trimestrielle depuis 1987. Sur un an, le mouvement atteint environ 1,5 point, puisque l'OAT se négociait autour de 3,40 % début octobre 2025.

L'écart avec le Bund allemand a lui aussi grimpé. Il s'établissait à 1,37 point à la clôture du 1er octobre, puis à 134 points de base le 7 octobre, soit ses plus hauts niveaux depuis le début des années 2010. La France emprunte désormais plus cher que l'Italie.

Trois facteurs principaux expliquent cette hausse, selon les analyses publiées ces derniers jours : un baril de Brent remonté vers 107 dollars, le retour des craintes d'inflation et les inquiétudes des investisseurs sur la trajectoire des finances publiques françaises. L'État doit lever environ 340 milliards d'euros à moyen et long terme en 2027.

Des barèmes bancaires qui commencent à suivre

L'OAT à 10 ans sert de référence au coût de refinancement des banques. Sa hausse se transmet donc aux crédits immobiliers, avec un décalage de quelques semaines. Selon le baromètre Pretto mis à jour le 6 octobre, les taux moyens d'octobre sont de :

  • 3,50 % sur 15 ans (+0,07 point sur un mois) ;
  • 3,66 % sur 20 ans (+0,12 point) ;
  • 3,75 % sur 25 ans (+0,15 point).

Certaines banques ont remonté leurs barèmes en cours de mois, parfois de 0,30 point. Les chiffres varient selon les courtiers : le 5 octobre, CAFPI relevait 3,58 % sur 25 ans. Tous les baromètres vont toutefois dans le même sens.

Les statistiques officielles ne reflètent pas encore cette accélération. D'après la Banque de France (publication du 6 octobre), le taux moyen des nouveaux crédits à l'habitat hors renégociations était de 3,32 % en août 2026, contre 3,30 % en juillet. Il a pris 24 points de base depuis janvier. Le crédit restait actif cet été : 12,2 milliards d'euros de crédits nouveaux en août, contre 11,1 milliards en juillet.

Le taux d'usure a été relevé au 1er octobre. Il atteint 5,40 % pour les prêts à taux fixe de 20 ans et plus, et 4,68 % entre 10 et 20 ans. Cette marge reste suffisante pour que l'usure ne bloque pas les dossiers à court terme.

Un marché déjà hésitant sur les prix

Cette remontée du coût du crédit intervient alors que les prix se replient légèrement. Selon l'Insee, les prix des logements anciens ont baissé de 1,0 % au deuxième trimestre 2026 et de 0,8 % sur un an. Sur un an, les maisons reculent de 1,3 % et les appartements sont quasi stables (−0,1 %). Le volume de ventes dans l'ancien s'élevait à 958 000 transactions sur douze mois à fin juin, selon les notaires et l'Insee.

Ce que cela signifie pour votre achat

Prenons un emprunt de 200 000 euros sur 25 ans, hors assurance. Passer de 3,60 % à 3,75 % fait monter la mensualité d'environ 1 012 à 1 028 euros, soit près de 4 900 euros d'intérêts supplémentaires sur la durée du prêt. À mensualité constante de 1 000 euros, la capacité d'emprunt passe d'environ 197 600 à 194 500 euros, soit environ 1,6 % de moins.

Prise seule, la hausse reste modérée. Mais elle s'ajoute à celles du début d'année et réduit la marge de négociation des acheteurs qui dépendent le plus du crédit, notamment les primo-accédants (52,6 % de la production en août selon la Banque de France). Si l'OAT reste au-dessus de 4,5 %, la question du quatrième trimestre sera de savoir si la baisse des prix observée par l'Insee compensera la hausse des taux, ou si elle accélérera.

Pour juger un projet, mieux vaut regarder le coût total : les intérêts, mais aussi la performance énergétique du bien (DPE), les risques naturels de la parcelle et la dynamique des prix locaux. Radar du Bien croise ces données publiques (ADEME, Géorisques, DVF, Insee) pour vous aider à comprendre le bien que vous envisagez.

Sources

  • Insee, Informations rapides n° 216, « Au deuxième trimestre 2026, les prix des logements anciens reculent de 1,0 % »
  • Banque de France, « Crédits aux particuliers – France, août 2026 », publié le 6 octobre 2026
  • Pretto, « Taux immobilier octobre 2026 », mis à jour le 6 octobre 2026
  • Club Patrimoine, « OAT 10 ans : la plus forte hausse trimestrielle depuis 1987 », 2 octobre 2026 (d'après BFM Bourse, Boursorama, Le Figaro)
  • Idéal Investisseur, écart OAT-Bund au 7 octobre 2026
  • Banque de France, taux d'usure applicables au 1er octobre 2026
  • Lesiteimmo, baromètre immobilier d'octobre 2026 (taux CAFPI, volumes notaires-Insee)

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