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Une provision multipliée par plus de trois
Le 4 septembre 2026, la Caisse centrale de réassurance (CCR), qui réassure le régime des catastrophes naturelles avec la garantie de l'État, a publié ses comptes du premier semestre. Elle y a constitué une provision de 500 millions d'euros pour les sinistres liés au retrait-gonflement des argiles (RGA) survenus entre janvier et juin 2026. À la même période en 2025, cette provision était de 158 millions d'euros, soit un peu plus du triple aujourd'hui.
La CCR explique ce montant par l'état des sols. Ils étaient très humides en début d'année, puis le déficit en eau s'est creusé sans interruption à partir de mars. Fin juin, les indicateurs d'humidité des sols étaient plus bas qu'à la même date en 2022, l'année qui détient le record de sinistres liés aux argiles. Selon les relevés cités par les professionnels du diagnostic, la sécheresse des sols a dépassé le niveau de 2022 dès début août, après cinq vagues de chaleur successives.
Ce chiffre de 500 millions ne couvre que le premier semestre et reste une première estimation. Il faudra attendre les mesures de l'automne (données de juillet à septembre) pour connaître le coût de l'année, et une nouvelle estimation est attendue en novembre. Le directeur général de la CCR, Édouard Vieillefond, juge que 2026 pourrait ressembler à 2022, dont le coût a été estimé à environ 3,5 milliards d'euros.
Une carte d'exposition élargie depuis le 1er juillet
En parallèle, l'arrêté du 9 janvier 2026 a révisé la carte nationale d'exposition au retrait-gonflement des argiles, publiée sur Géorisques. Cette nouvelle carte s'applique depuis le 1er juillet 2026 et tient compte du changement climatique. Elle s'appuie aussi sur 446 000 sinistres survenus entre 1989 et 2022.
Les résultats :
- 55 % du territoire métropolitain est classé en exposition moyenne ou forte, contre 48 % sur la carte de 2020 ;
- 12,1 millions de maisons individuelles existantes sont concernées, soit 61,5 % du parc, contre 10,3 millions (52,5 %) auparavant ;
- la hausse est forte dans certaines régions : la part du territoire exposé passe de 58 % à 74 % en Bourgogne-Franche-Comté, de 41 % à 53 % dans le Grand Est, de 33 % à 49 % en Auvergne-Rhône-Alpes, et atteint 90 % en Centre-Val de Loire.
Le classement en zone moyenne ou forte a des effets juridiques. Depuis la loi Élan, le vendeur d'un terrain constructible situé dans ces zones doit fournir une étude géotechnique préalable, et les constructions neuves doivent respecter des règles particulières (fondations, gestion des eaux, distance avec la végétation). Avec la nouvelle carte, ces obligations s'appliquent à environ 1,8 million de maisons et à de nombreux terrains supplémentaires.
Ce que cela signifie pour votre achat
Une maison ancienne en zone argileuse peut avoir été construite avant ces règles, donc sans fondations adaptées. Les fissures n'apparaissent souvent qu'un ou deux ans après la sécheresse qui les a provoquées : un bien visité à l'automne 2026 peut encore sembler intact.
Avant de vous engager, vous pouvez vérifier plusieurs points : le niveau d'exposition de la parcelle dans l'état des risques annexé au compromis, les arrêtés de catastrophe naturelle « sécheresse » déjà pris dans la commune, d'éventuelles fissures en escalier sur les façades ou des portes qui frottent, et la présence de grands arbres près de la maison. Si un sinistre a déjà été indemnisé, demandez au vendeur le détail des réparations. Une reprise en sous-œuvre coûte couramment plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Pour les propriétaires occupants de maisons très exposées, un fonds de prévention argile existe depuis octobre 2025 dans onze départements pilotes : Allier, Alpes-de-Haute-Provence, Dordogne, Gers, Indre, Lot-et-Garonne, Meurthe-et-Moselle, Nord, Puy-de-Dôme, Tarn et Tarn-et-Garonne. Il finance des diagnostics de vulnérabilité et certains travaux de prévention.
Radar du Bien croise ces données (carte d'exposition BRGM, arrêtés de catastrophe naturelle, transactions DVF) pour vous aider à comprendre le risque argile d'une adresse précise.
Sources
- CCR, Résultats du 1er semestre 2026, 4 septembre 2026 (ccr.fr)
- Arrêté du 9 janvier 2026 modifiant l'arrêté du 22 juillet 2020 sur les zones exposées au retrait-gonflement des argiles, Journal officiel
- Banque des Territoires, « Retrait-gonflement des sols argileux : la carte des zones exposées mise à jour », 2 février 2026
- Géorisques (BRGM), carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles
- L'Argus de l'assurance, « CCR poursuit le rééquilibrage de ses comptes, malgré les premiers effets d'une sécheresse exceptionnelle », septembre 2026
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