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#25Chiffre de la semaine·2026-10-04·6 min de lecture

Logement : 16,8 % des revenus en moyenne, mais 32,1 % pour les ménages les plus modestes

Selon l'Insee, les ménages consacrent 16,8 % de leurs revenus à leur résidence principale début 2024, contre 18,3 % dix ans plus tôt. Pour le quart le plus modeste, ce taux d'effort net a au contraire progressé de 1,1 point, à 32,1 %.

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Un taux d'effort moyen en recul de 1,5 point en dix ans

Début 2024, les ménages vivant en France consacraient 16,8 % de leurs revenus à leur résidence principale, une fois les aides au logement déduites. Ce chiffre provient de l'Insee Première n° 2128, publié le 23 septembre 2026. Il repose sur l'enquête Logement, menée auprès de 26 500 ménages entre septembre 2023 et juillet 2024. Début 2014, ce « taux d'effort net » atteignait 18,3 %.

Selon l'Insee, ce recul s'explique d'abord par la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales. Elle représente à elle seule 1,4 point sur les 1,9 point de baisse du taux d'effort brut, c'est-à-dire calculé avant déduction des aides. Les loyers et les remboursements d'emprunt restent le premier poste : ils absorbent 10,7 % des revenus. Viennent ensuite les dépenses d'énergie (3,5 %), puis les charges et l'eau (1,9 %).

Une baisse générale, sauf pour le premier quartile

La moyenne cache des écarts importants. Pour le quart des ménages les plus modestes, le taux d'effort net a augmenté de 1,1 point en dix ans, jusqu'à 32,1 %. La cause principale est la baisse des aides au logement, qui ont reculé de 18 % sur la période. Dans les autres tranches de revenus, le taux d'effort a baissé :

  • deuxième quartile : 21,8 % (−1,5 point) ;
  • troisième quartile : 17,4 % (−1,9 point) ;
  • quart le plus aisé : 11,6 % (−1,6 point).

Le statut d'occupation compte autant que le revenu. Les locataires du parc privé consacrent 25,4 % de leurs revenus à leur logement. C'est un peu plus que les locataires du parc social (24,0 %) et que les propriétaires accédants, qui remboursent encore un emprunt (23,3 %). Les propriétaires qui n'ont plus de crédit en cours ne dépensent que 7,4 % de leurs revenus pour se loger. Sur dix ans, la baisse est particulièrement nette pour les accédants (−3,3 points). Le taux d'effort brut des locataires du parc privé a, lui, reculé de 4,1 points.

La composition du foyer creuse aussi les écarts. Les personnes seules de moins de 65 ans consacrent 24,5 % de leurs revenus à leur logement, et les familles monoparentales 21,6 %. Pour les couples sans enfant, la part tombe à 14,6 %. Sur le plan géographique, les dépenses sont plus élevées dans les grands centres urbains et leurs ceintures. Le taux d'effort net le plus faible s'observe dans le rural dispersé, à 14,4 %.

Une photographie prise avant la remontée des taux de 2026

Ces données décrivent la situation de début 2024 et doivent être lues avec ce décalage. Depuis, les conditions de financement ont changé. En octobre 2026, les taux moyens des crédits immobiliers atteignent 3,66 % sur 20 ans et 3,75 % sur 25 ans, selon le baromètre Pretto. La plupart des banques ont relevé leurs barèmes d'environ 0,10 point par rapport à septembre. Le taux d'usure applicable aux prêts à taux fixe de 20 ans et plus est passé à 5,40 % au 1er octobre, contre 5,29 % au trimestre précédent.

Ce que cela signifie pour votre achat

Le taux d'effort moyen de 23,3 % des accédants, mesuré par l'Insee, inclut les mensualités de crédit mais aussi l'énergie, les charges et la taxe foncière. Dans le calcul de votre budget, ces postes annexes ne sont pas secondaires : l'énergie représente à elle seule 3,5 % des revenus des ménages en moyenne. Elle pèse davantage dans un logement mal classé au diagnostic de performance énergétique. Un même prix d'achat peut donc correspondre à des coûts d'occupation très différents selon l'étiquette DPE, la fiscalité locale et l'exposition du bien aux risques naturels, qui influence le coût de l'assurance.

Radar du Bien croise ces données (DPE de l'ADEME, risques Géorisques, transactions DVF) pour vous aider à comprendre le coût réel d'un logement au-delà de son prix affiché.

Sources

  • Insee Première n° 2128, « Le logement pèse moins sur le budget des ménages en 2024 qu'il y a dix ans, sauf pour les plus modestes », 23 septembre 2026 — insee.fr/fr/statistiques/9053584
  • Insee, enquête Logement 2023-2024
  • Pretto, baromètre des taux immobiliers, octobre 2026
  • Banque de France, taux d'usure applicables au 1er octobre 2026

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